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Un reportage diffusée la semaine dernière sur Arte, intitulé « Prêt à jeter » montre la naissance et l’extension du concept d’obsolescence programmée.

Bien évidemment, ce concept né dans les années 20, était particulièrement cynique à l’origine, et il est aujourd’hui complètement intégré au fonctionnement de notre société.

Bien évidemment aussi, le reportage passe de l’obsolescence programmée à l’idée de décroissance, qui serait rendue nécessaire car nous consommons trop de produits trop rapidement jetables et qu’on ne peut pas continuer sur ce rythme.

Eh bien je vais vous dire, on peut travailler chez Ecologie-Shop.com et remarquer que ce type de raisonnement est un raccourci intellectuel largement préjudiciable à une approche plus écologique de la société.

Car tout de même le reportage oublie un peu vite (et facilement) que bon nombre de produits que nous utilisons aujourd’hui au quotidiens sont plus fiables et plus durables qu’il y a 10, 20, 30, 40, 50 ans …

Et d’ailleurs nombre d’entre eux sont plus économes en énergie ! mais c’est un autre débat …

Revenons donc à la « durabilité » des produits et à ce fameux reportage, qui a justement comme fil conducteur les ampoules : en 1920 un cartel de fabricants décidaient d’en réduire la durée de vie en fragilisant le filament qui produit la lumière.

Alors là c’est drôlement intéressant parce que justement depuis 10 ans on utilise des ampoules qui durent plus longtemps. Vous connaissez les ampoules fluocompactes, qui durent de 5 à 10 fois plus longtemps que les ampoules à filament. Il existe aujourd’hui des ampoules à LEDs, qui ont une durée de vie théorique 100 fois supérieure.

Mais pourquoi le reportage n’en parle pas ? Serait ce un reportage partial ? Non impossible la déontologie du journaliste ne permettrait pas ça !

A moins que le thème de la décroissance ne soit porteur ces derniers temps …

Tout ca pour dire que la question n’est pas forcément de consommer moins, mais de consommer différemment et qu’il existe depuis des années bien des manières de le faire.

Extrait du reportage



computer-trashGreenit.fr à récemment publié un article très intéressant qui montre que la production d’un ordinateur en Chine émet 24 fois plus de CO2 que son utilisation annuelle en Europe.
Ce résultat atterrant est en partie dû aux modes de production de l’électricité en Chine. Les fameuses centrales à charbon sont mises en cause. Mais il ne faut pas perdre de vue que la fabrication d’un ordinateur nécessite une quantité très importante de ressources :

  • 900 kWh d’énergie
  • l’équivalent de 612 litres de pétrole
  • 1500 litres d’eau
  • 22 kg de produits chimiques

Les fabricants font certes des efforts notables pour diminuer la consommation des différents éléments et certaines avancées technologiques vont clairement dans ce sens : les écrans à LEDs et les disques SSD par exemple. Mais cela perd tout son sens si on considère qu’il faudra remplacer ces matériels et donc consommer une quantité effarante de ressources pour parvenir à de modestes économies.

Ces progrès sont donc au mieux un trompe l’oeil qui vise à encourager l’achat de nouveau matériel.

La vraie solution consisterait à prolonger la durée de vie des machines :

  1. par le biais d’associations de récupération qui donnent une seconde vie aux ordinateurs.
  2. en s’assurant que le matériel fonctionne plus longtemps et soit facilement réparable.

C’est sur le second point que le bât blesse car les fabricants n’ont aucun intérêt à ralentir le rythme d’achat des nouvelles machines.

Même si on en prend soin, un ordinateur atteint difficilement l’âge canonique de 5 ans. Les pannes se multiplient sur des pièces qui ne sont plus sous garantie et on remplace plutôt que de réparer.  C’est d’autant plus vrai pour les portables sur lesquels les interventions sont beaucoup plus complexes, du fait de leur construction compacte.

Acheter du haut de gamme de change rien car les fabricants font des « économies » sur des pièces d’usure qui cassent plus tôt que le reste. Ainsi, un portable Toshiba haut de gamme (P100 198) acheté il y a 3 ans à connu des problèmes répétés : fissure sur le capot (due à une erreur de conception) et pannes répétées des ventilateurs du processeur et de la carte graphique. Si la réparation de ces derniers est relativement simple (un point de colle cyanolithe), elle nécessite le démontage intégral de la machine (et son remontage), ce qui n’est pas un exercice à recommander aux néophytes, en tous cas sur un portable. Ils ne sont clairement PAS CONCUS pour être réparés facilement !

Par ailleurs, on assiste dans tout le domaine des produits électroniques (photo, vidéo, informatique) à une dégradation régulière des services de maintenance et de réparation, due principalement à la recherche de gains de rentabilité.

Dans ce contexte, il parait clair que les fabricants devraient en priorité faire un effort sur la durée de vie de leurs produits plutôt que sur leur consommation énergétique !



albatros-plastiqueLe photographe Chris Jordan a récemment été travailler sur l’ile de Midway, une petite île perdue dans le Pacifique, à 3000 km de la terre la plus proche. Midway est célèbre car durant la seconde guerre mondiale s’est déroulé dans ses eaux une bataille aéronavale qui a stoppé les japonais sur la route de Hawaï.

Mais Midway est aussi situé non loin du great Pacific garbage patch, une zone plus grande que la France où des courants marins circulaires concentrent une quantité de déchets estimée à 100 millions de tonnes. Une grande partie est constituée de plastiques, plus ou moins photodégradés.

Les albatros qui nichent sur Midway pêchent dans ces zones où les déchets sont présents avec une densité largement supérieure à celle des poissons et des calmars,  et nourrissent leurs jeunes de morceaux de plastique. Chaque année, des dizaines de milliers de petits meurent empoisonnés et étouffés, l’estomac bourré de capsules de bouteilles, de briquets et de toutes sortes d’autres saletés.

Des photos à garder à l’esprit avant de jeter des déchets plastiques n’importe où.




ecoemballages-logoL’UFC Que Choisir épingle la gestion de la filière française du recyclage par Eco-Emballage dans son numéro de Mars 2009. L’article, intitulé tri selectif des déchêts : une gestion qui n’emballe guère, donne à réfléchir sur les faiblesses des processus de recyclage et les moyens de l’améliorer.

On y apprend entre autres qu’Eco-Emballages est une société anonyme à but non lucratif créée par les producteurs d’emballages, ce qui évidemment explique en partie les problèmes…

L’article évoque aussi deux points que tout un chacun peut observer quotidiennement :

  • Le volume d’emballages qui remplit nos poubelles ne décroît pas
  • Seule une petite partie (20%) de ces emballages est recyclable. En gros uniquement les bouteilles et flacons en plastiques et les boîtes de conserve en métal.

Ce dernier point est particulièrement symptomatique. On « éduque » à grands frais les particuliers depuis des années avec des poubelles de couleurs différentes, des tonnes de prospectus et des affichettes qui expliquent comment faire le tri. On les incite à acheter des produits avec moins d’emballages. Et dans le même temps, les industriels continuent à produire des emballages non recyclables, des paquets individuels, et à les utiliser comme argument de vente. Du coup, dans les centres de recyclage, on est obligé de refaire le tri et d’envoyer à l’incinérateur une bonne partie du contenu des poubelles jaunes !

Comme dans de nombreux secteurs, on se contente d’encourager les comportements individuels et on évite soigneusement d’imposer des contraintes aux entreprises qui sont la source des problèmes !

Deux suggestions de bon sens :

  • Taxer les emballages en fonction de leur impact sur l’environnement. Les emballages non reçyclables seraient ainsi plus taxés.
  • Remplacer le logo vert qui à induit en erreur des générations de consommateurs par un logo coloré correspondant à la couleur de la poubelle dans laquelle il faut placer l’emballage usagé.

Il reste à espérer que l’inspection en cours d’Eco-Emballages dans le cadre du Grenelle de l’environnement permettra de faire avancer les choses dans ce sens.