Entre la révolution et les gadgets: les écogestes au quotidien
Semaine du développement durable, promotion de l’énergie photovoltaïque, Ecoprêt…, des initiatives touffues se multiplient pour enclencher une dynamique « verte », pour reprendre une expression typiquement « greenwashing ». Que faut il en penser ?
Le débat public reste formaté par deux positions opposées : les scientifiques relayés par certains hérauts de la sphère médiatique qui appellent à une révolution en profondeur du mode d’organisation de nos sociétés et qui se cristallisent autour de la création d’une taxe sur la consommation d’énergie…D’autres plus opportunistes tentent de tirer parti de la mode « développement durable » mais leur initiatives restent le plus souvent organisées par les directions de la communication.
Entre la révolution et les gadgets, le consommateur est intrigué mais désorienté. Il a besoin de sa voiture pour se déplacer, son pouvoir d’achat souffre pour transformer radicalement son habitat, il dispose d’un logement collectif et reste donc sans influence sur les choix énergétiques de chauffage. Il ne dispose pas de véritable point de repère pour réorienter sa consommation et ses comportements. Si dans l’alimentaire, le bio est désormais compris et admis, dans le non alimentaire, le maquis des références brouille l’horizon de ses choix.
Les changements de consommation prennent une génération. Seules des révolutions technologiques de type téléphone mobile ou Internet arrivent à pénétrer plus de la moitié de la population en moins de 10 ans. Il faut donc entamer une politique des « petits pas » pour convaincre la population, lui faire prendre conscience des enjeux et de la facilité de certains changements radicaux : les ecogestes au quotidien vont transformer petit à petit le citoyen qui, demain, exigera des choix politiques structurants une prise en compte environnementale plus fortes et plus structurante.
Gouverner des sociétés complexes rend difficile les prises de Bastille. Les batailles de l’ecogeste au quotidien s’ouvrent. Il faut de la patience et de la détermination mais aussi de la modestie pour aborder les changements de société. Le changement des ampoules, la réduction des emballages et des déchets, l’utilisation des transports collectifs, les mécanismes de réduction de la consommation quotidienne d’eau initient un déséquilibre qui lance le mouvement vers une consommation raisonnable des ressources naturelles.






8 mai 2009 à 17:43
Les écogestes quotidiens, c’est bien, mais je pense qu’au final ils ont bien moins de poids que des contraintes qu’on imposerait aux industriels et aux agriculteurs.
Encourager les particuliers à changer leurs ampoules c’est bien, mais quid des entreprises dont les locaux restent allumés en permanence, quid des éclairages publics, quid des éclairages somptuaires inutiles ?
Couper son robinet quand on se brosse les dents, ok, mais quid des agriculteurs qui gaspillent des hectolitres d’eau sur leur maïs, quid des fuites des réseaux publics ?
Même Hulot dit (TerraEco d’avril) « le temps des écogestes est révolu », « ce qui est en cause c’est bel et bien notre système économique ».
3 juin 2009 à 21:43
Evidemment, le changement de système économique s’impose et notamment les référentiels utilisés…
Mais les écogestes vont permettre une prise de conscience des consommateurs : ils peuvent avoir une utilisation raisonnée de l’environnement. Ces consommateurs en se transformant en citoyen lors des élections choisiront alors les programmes et les hommes prônant ce changement de modèle de croissance, car ils auront désormais la certitude que cela est efficace et utile.
Mais le débat reste lancé sans aucune certitude ! Les citoyens peuvent ils être convaincus par des promesses de « grand soir écologique » ou faut il se placer résolument dans une optique de long terme et de prise de conscience progressive ?
15 septembre 2009 à 8:21
On sous estime souvent le poids des étapes de fabrication, commercialisation et recyclage dans l’empreinte totale d’un produit. Pourtant, l’analyse du cycle de vie d’un PC montre les principales pollutions (chimiques et CO2) ont lieu à d’autre étapes que la phase d’utilisation. Un PC « consomme » par exemple autant d’électricité en dehors de son utilisation (pour sa fabrication, etc.). On parle d’énergie grise.
Moralité : le geste quotidien le plus écologique consiste à conserver le plus longtemps possible les objets / produits que l’on utilise. Et cela s’applique à tous les objets / produits : électro-ménager, électroniques, informatique, voiture, etc.
15 juin 2010 à 12:54
« Gouverner des sociétés complexes rend difficile les prises de Bastille. Les batailles de l’ecogeste au quotidien s’ouvrent. »
je suis bien d’accord ! C’est pour cela que je trouve que chaque initiative est importante à son échelle. Par exp pour l’été qui arrive avec sa horde de touristes sur les plages de Hyeres http://lemaire83400.unblog.fr/ et d’ailleurs, le maire de la ville a mis en place différentes mesures. Par exp les touristes se rendant sur l’île de Porquerolles seront incités à ramener leurs déchets sur le continent (cela évite des transports maritimes supplémentaires).
11 février 2011 à 14:35
A notre ère, il est impossible de ne pas consommer. Or, lorsque nous consommons, nous polluons! il est évident pourtant que ce serait absurde de dire « il ne faut pas consommer car on polluera moins ». On polluera moins, peut être mais notre survie en dépend également. « Consommons moins alors! » dans ce cas oui, mais quelles seront les nécessités à bannir? Nous devons nous loger, nous devons nous déplacer, nous devons nous nourrir…
Tout ceci pour dire que des écogestes au quotidien sont importants, comme a dit Emmanuel, plus haut. Effectivement, c’est une prise de conscience du consommateur!
Conserver le plus longtemps possible les objets et les produits que l’on utilise, je suis d’accord mais il y a des produits qui s’usent au fil du temps et il faudra un jour ou l’autre que en racheter. Il y a un moyen de compenser notre empreinte écologique: pour un achat justement, un arbre est planté! c’est une initiative proposée par de plus en plus d’entreprises. un effort qui mérite d’être soutenu selon moi!